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 (10)Les plumes de la colonne

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Wobmiar

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Localisation : Albyrion

MessageSujet: (10)Les plumes de la colonne   Sam 7 Nov - 22:03

Je déposai Isiris sur un matelas, à la demande d'un assassin que je ne connaissais pas, mais qui se disait être le second de Griffe d'Or. Il disait que je pouvais lui faire confiance. Un mot que je ne connais pas vraiment dans ce milieu, mais je n'avais pas vraiment d'autres choix que de l'écouter. Je lui expliquai ce qui s'était déroulé, à sa demande, et il me répondit que j'avais bien fait, que l'assassinat était la résultante d'une brèche dans la haute hiérarchie de la Guilde et qu'en effet il nous fallait garder Isiris en vie. J'avais bien fait attention d'omettre de mentionner le Lancier Rouge. Je lui demandai ensuite discrètement si Griffe d'Or était mort, et je vis dans son regard qu'il essayait de ne pas rire, prenant un air le plus professionnel possible.

"Le jour où Griffe d'Or mourra, je ne donne pas cher de nos peaux" finit-il par répondre.

Je haussai les épaules. J'avais pu combattre mon maitre, il était fort mais loin d'être invincible. Il me fit ensuite signe de me diriger vers des escaliers que je n'avais jamais emprunté. Je le questionnai.

"Les nouveaux terrains d'entrainement de notre mentor, répondit-il simplement.
- Tu as été entrainé là? demandai-je.
- J'ai eu cette chance.
- Comment pouvez vous comprendre le langage des signes?
- Griffe d'Or m'a enseigné."

Hein? Pourquoi? Pour moi? Hein? Je n'eus pas vraiment le temps de demander lorsque nous débouchâmes dans un long couloir souterrain. Nous marchâmes quelques mètres, avant d'atteindre une porte, qu'il ouvrit, m'invitant à entrer la première. Évidemment, je mis ma main à ma ceinture, préparant ma massue en cas de piège. Vallait toujours mieux être prudente. Si justement il y a eu une brèche, je devais... Je m'arrêtai, sursautant presque. S'il y avait une brèche, elle était encore là, car l'homme que je voyais, dos à moi, à quelques mètres à ma gauche, je ne pouvais pas pas le reconnaitre avec son accoutrement écarlate ridicule. Le Lancier Rouge. Il tourna la tête en ma direction, un rictus mauvais aux lèvres.

"Tiens tiens, qui voilà... Tu as survécu à ta blessure?
- Je peux te poser la même question
- Écoute, pas la peine de t'égosiller avec ton bras restant, je ne peux rien comprendre" dit-il avant de retourner la tête, m'ignorant.

Le second toussa à mes côtés, sortant un carnet et un crayon. Je le remerciai et pris volontiers ce moyen de communication, le tenant avec difficulté sous mon menton, juste assez pour écrire le nécessaire. Puis je m'approchai, gardant mes distances, puis lui envoyai le papier sur son masque. Il le prit, le regarda, et le déchira.

"Je ne sais pas lire non plus.

Ne pas rouler des yeux fut difficile.

- Mais je devine tes questions, continua-t-il. Tu te demandes probablement comment j'ai fini par survivre? Et tu crois vraiment que je vais te dévoiler tout ce que j'ai dans mon sac? Tu peux rêver. Par contre, si tu te demandes ce que je fais ici...

Il haussa les épaules.

- Si je le savais je ne serais pas ici. Il semblerait que notre bien-aimé maitre ait survécu et ait pris total commandement pour un temps indéterminé, le temps de remettre la Guilde sur pieds.

Il avait dit cette dernière phrase d'un gout amer.

- Et moi je suis encore au service de la Guilde, alors il m'a appelé ici pour je ne sais quelle raison. En fait si, je me disais bien un truc, mais puisque je te vois, ça ne devrait pas être ça.

Il siffla.

- Faiblarde."

Je ne réagis pas. Il aurait fallu plus qu'une insulte pour me faire réagir. D'ailleurs, plus je l'écoutais, plus je me demandais comment il pouvait être un assassin, avec ses techniques quasi inexistantes et son manque de discrétion absolu.

"Si tu insinues qu'elle n'est pas ton égale, tu te trompes, clama une voix au fond de la pièce que je reconnaissais bien. Souviens-toi que tu étais mon pire élève."

C'était Griffe d'Or, qui avançait calmement dans notre direction. Il venait en même temps de répondre à ma question silencieuse, et fit réagir Le Lancier sur le coup:

"Je t'ai toujours été supérieur! Toujours! Cria-t-il. Bien avant que tu me prennes comme... Apprenti! Je n'avais besoin de toi que pour me permettre de monter de rang. Mais maintenant je n'ai plus besoin de toi! Je pourrais te tuer si je le voulais!
- Alors pourquoi tu ne le fais pas?" demanda calmement Griffe d'Or.

Le Lancier Rouge serra les poings, visiblement fou de rage, et fit un effort pour se calmer, prenant de grandes inspirations. Le second me fit signe de me positionner à environ cinq mètres à droite de mon ex-agresseur, et se plaça lui même à la même distance que moi, formant avec nous une ligne en face de notre maitre. Griffe d'Or s'arrêta, son habit sombre le recouvrant presque entièrement, laissant entrevoir que de petites lignes dorées. Il n'y avait pas de vent ici. Pas de fenêtre. Et peu d'oxygène aussi. Nous étions vraiment sous terre. Je n'avais pas eu l'occasion de regarder en détail la pièce, ce que je fis... En remarquant que c'était inutile. Un prisme fermé de tuiles métalliques. Fin. Absolument rien de dangereux. Mon mentor nous toisa un par un, prenant bien son temps. Puis, après un certain temps de suspense, il se mit à rire.

"Je suppose que c'est moi qui doit raconter la première blague, rigola-t-il. Alors c'est un nain et un ethérien qui vont dans un bar...
- Oh pitié... rouspéta mon voisin de gauche.
- Maitre, un peu de sérieux, ajouta celui à ma droite.
- J'ai jamais pu finir cette blague! se plaignit Griffe d'Or. Allez, un peu d'efforts!
- J'exige de savoir ce que je fais ici! vociféra le Lancier rouge.

Griffe d'Or reprit un air sérieux, et plaça ses mains derrière son dos.

- Pour plusieurs raisons. La première est que je veux vous présenter votre nouveau collègue, si on peut le nommer ainsi, mon élève gradué ici présent, Pilier Diplomate" répondit-il en désignant ce dernier.

Pilier s'inclina. Lancier se renfrogna.

"Pour en rajouter un autre dans la liste de ceux que je dois tuer...
- ... Dit celui qui n'a pas réussi à tuer ma meilleure étudiante, et qui a même failli en mourir."

Si c'était possible, je suis sûre que de la fumée sortirait des oreilles de ce visage qui était presque aussi rouge que ses vêtements. Il s'écria:

"La prochaine fois elle mourra! J'aurai ma revanche! La prochaine fois...
- Il n'y aura pas de prochaine fois, sonna Griffe d'Or. C'est clair?

Étonnamment, celui qui avait failli me tuer, et que j'évaluais presque à être meilleur que notre maitre, baissa la tête, et s'excusa:

- Oui maitre."

Je ne le connaissais pas, mais je ne le comprenais toujours pas. Était-ce vraiment un assassin?  Dans la définition même du terme? Comment avait-il passé les examens? Je secouai la tête. Je devais cesser de me poser des questions, après tout l'idée même de me retrouver à distance d'assassinat de celui qui avait précédemment essayé ne me mettait pas dans le meilleur confort. Griffe d'Or continua:

"En deuxième lieu, j'aimerais justement féliciter Prisme des Ombres à être la première à survivre à l'une de tes attaques. Félicitation Prisme.
- C'était un test?
- Eh bien, tout peut être considéré comme un test ma chère, chaque victoire, même si... Elle coute un membre, est un défi réussi. Tu peux être fière de cet exploit. Il faudrait que tu me racontes.
- Gna gna gna... grommela Le Lancier Rouge.
- Et toi, continua Griffe d'Or, sache que je t'interdis de lever la main sur mes meilleurs partis jusqu'à nouvelle ordre. C'est ton supérieur hiérarchique qui te parle.
- Je tiens à dire que si j'ai tenté de vous assassiner, et elle aussi, maitre, c'est purement par ordre du conseil. Je ne vous veux rien, s'expliqua le lancier.
- Je sais, hocha notre mentor
- Il ment.
- Je sais."

Griffe d'Or prit une pause, pour tous nous regarder à nouveau. Puis il reprit la parole.

"Vous avez tous reçus mes enseignements d'assassins. Ce qui nous attend plus tard demande plus que juste de la technique assassine comme j'ai pu vous l'enseigner. Nous risquons de faire face ici à des gens que nous ne pourrons pas assassiner à la manière traditionnelle. J'ai toujours eu des plans pour vous trois...

Il mit ses mains sur ses hanches, en fixant l'homme en rouge.

-... Et les deux autres aussi..."

Il n'eut comme réaction qu'un haussement des épaules. Il continua:

"Vous possédez tous, enfin, du moins en partie, des bases qui pourront vous être utiles dans toutes les situations. Mais il faut savoir vous adapter. Il faut savoir vivre dans le monde de façon bien correcte. Les muscles...

Il regarda mon voisin rouge.

- L'obéissance...

C'est sur moi que se dirigeait son regard.

- Et la connaissance...

Il finit ces mots en fixant finalement Pilier.

- Ne seront pas suffisantes. Il vous faut combiner tout ça, et savoir en faire abstraction de temps en temps. Et si vous trouvez que je charabouigne, vous avez probablement raison, j'ai eu de la peine à préparer ce discours, mais sachez qu'il n'en est pas moins important. Je veux vous offrir à chacun la possibilités de devenir des êtres d'exception, de dépasser tout ce que les mortels réussissent à atteindre. Je veux faire de vous des assassins, des guerriers, des surhommes.

Il sourit.

- Et une surfemme, évidemment.
- Et je suppose que tu te considères parmi cette catégorie, monsieur égo? scanda méchamment Le Lancier Rouge.
- Ce n'est pas moi qui le dit, rétorqua Griffe d'Or. Tu vas venir prendre ma place quand?
- Ah ouais? Débarrasse-toi de Voltron et on verra.

C'est avec grande surprise que nous vîmes notre maitre déposer le fourreau et l'artefact au sol, puis remettre les mains derrière son dos, toisant son ancien élève d'un air de défi.

- Alors? le questionna-t-il.

Le Lancier Rouge hésitait. Puis il finit par baisser la tête.

- Tu es plus fort que moi, déclara Griffe d'Or. Tu es plus rapide que moi, tu es plus doué que moi dans presque toutes les catégories. Mais tu sais que tu vas perdre. Tu n'es pas le meilleur.
- Oh que si, je suis le meilleur, rouspéta le discuté. Je te laisse un sursis c'est tout.
- Alors tu ne verras aucun problème à tenter de vaincre Pilier Diplomate en combat singulier?

Pilier Diplomate fit un petit coucou gêné de la main, presque pour se moquer gentiment.

- Ppff, n'importe quand!" affirma haut et fort le lancier.

Je pris un instant pour observer la stature du petit homme. Bon, il ne semblait pas si petit que ça, c'est juste que moi je faisais bien 2 têtes de plus alors... Il était habillé de bleu et blanc, des couleurs très reconnaissables des ethériens. Il en était peut-être un. Cependant, je ne voyais pas ses ailes. Il les avait peut-être coupé, à bien y penser ça ferait un point faible de douleur et d'équilibre si quelqu'un arrivait à les atteindre... Les ethériens assassins se font plus rares, souvent magiciens, presque jamais guerriers. Je devais avouer ne jamais savoir comment les juger. Azaryus était... Je secouai la tête. Je n'allais pas laisser mes pensées divaguer. Puis je remarquai avec stupéfaction que c'était déjà le cas. J'étais tout sauf professionnelle. Depuis quelques temps, je faisais erreurs après erreurs. Pourquoi ne l'avais-je pas analysé plus tôt? Et pourquoi je me pose des questions? Argh!

Le Lancier Rouge s'avança, faisant face à Pilier Diplomate.

"Alors ptit gars, on veut la bagarre? J'te règle ça en 2 secondes.
- Tu as le droit de le tuer, dit Griffe d'Or.
- Cool.
- Si tu y arrives.
- Sans soucis.
- Ailleurs.
- Hein?"

Le maitre assassin ramassa son arme qui tait encore au sol, puis nous fit signe de le suivre. J'observai la réaction du plus récent élève. Il semblait sûr de lui. Alors que nous sortions de la pièce, je ne puis m'empêcher de l'avertir.

"Ne le sous-estime pas. Je ne crois pas qu'il soit complètement humain. Et ses lances sont empoisonnées."

Il me regarda et me sourit. Je me demande ce qu'il préparait. Nous traversâmes un autre couloir, avant de déboucher sur une autre salle, cette fois-ci assez lumineuse. C'était une grotte très vaste, éclairée correctement par ce qui semblait être un système de miroirs sur les côtés et au plafond. Ça ressemblait à un écosystème sous-terrain, à la différence qu'il n'y avait pas grand chose, car malgré la lumière, l'herbe avait à peine à pousser. Une grande plaine se trouvait en plein milieu. Je devinai que ça devait servir d'arène. Et j’eus bientôt confirmation.

"Je ne demande pas un assassinat, mais un combat en bonne et dû forme, expliqua Griffe d'Or. Je veux voir vos niveaux.
- Ha ha, tu vas le voir mon niveau, vieillard" ricana l'assassin rouge.

Vieillard? Griffe d'Or avait l'air d'avoir à peine 30 ans. C'est limite si le Lancier avait l'air plus vieux. Je suppose que j'allais servir de spectatrice, car mon maitre ne me demanda rien pendant que les deux combattants se positionnèrent. Ils se fixèrent. Pilier était étrangement calme, les bras croisés. Aucun des deux ne possédait une bonne position de départ, c'était presque dérangeant de les voir ainsi. Le Lancier Rouge fit le premier mouvement en dégainant une lance.

"Évite ça!"

Il lança. Le projectile fila dans les airs puis, à la dernière seconde, dévia sur le côté et se planta aux pieds de l'ethérien. J'eus envie de ricaner. De la magie, évidemment. Le Lancier en projeta un deuxième, qui finit sa course de la même façon. Un peu furax, l'homme masqué se projeta vers l'avant, bondissant de toute ses forces en direction de son adversaire. Il était rapide. J'eus peine à voir son mouvement. Mais pas Pilier. Il se décala sur le côté et, d'un coup de pied bien placé, envoya valser le vantard dans son élan. Se dernier se releva.

"Bien, tu es moins nul que je le pensais, commenta-t-il.
- Ça serait cliché de dire que cela fait plus de 2 secondes?" plaisanta Pilier.

Il venait de faire mouche, car Le Lancier Rouge perdit tout son calme, et se mit à marcher en sa direction, caressant son gant.

"Je crois qu'il est temps que tu fasses connaissance de Valérie..."

D'un geste brusque, il agrippa le cou de son adversaire magicien. Il le souleva du sol, puis se tourna en direction de Griffe d'Or.

"Tes petits nouveaux ne peuvent pas avoir plus d'une fois la même chance!"

Soudainement, je vis un mouvement dans le dos de l'ethérien. Les ailes du pilier venaient de se déployer, et elles étaient... En métal! Rapide comme l'éclair, je vis les pointes des plumes marteler l'adversaire de façon... Étrangement inefficace. Puis, c'est avec surprise que je vis le lancier relâcher sa cible, et s'écrouler au sol. Il ne bougeait plus, littéralement, le poing toujours en position vers l'avant, la jambe en déséquilibre. Il était comme une statue. Il ne laissais plus sortir qu'une plainte inaudible.

"Points sensibles" indiqua-t-il avant de s'incliner.

Il se dirigea vers son maitre, qui le félicita d'un hochement de tête. Il lui tendit ensuite son fourreau, celui de Voltron. Pilier Diplomate accepta le présent avec humilité, l'installa à ses vêtements, puis retourna en direction de la plaine. Quelques coups, et le vaincu pouvait à nouveau bouger. Ce dernier se releva. Il était honteux.

"Vous avez gagnés. Dites-nous en plus sur cette question de surhumains, ordonna-t-il.
- Je vous ferai passer des entrainements individuels personnalisés. En attendant, vous êtes libres de quitter.

Alors que le Lancier Rouge passait à nos côtés, Griffe d'Or l'agrippa par l'épaule.

- Et tu n'as pas le droit d'éliminer le moindre de mes effectifs."

L'interpellé grogna, se défit de la prise, puis se dirigea vers la sortie. Pilier le suivit. Je décidai de rester, sans un mot. Griffe d'Or resta un instant à ne rien faire, puis me regarda.

"Des questions je suppose?"

Je dis oui de la tête. Il se dirigea vers une autres sortie. Je le suivis. à distance respectable. Nous montâmes quelques escaliers, avant de pénétrer dans une pièce bien aménagée. Je devinai que c’était son bureau, à la vue des meubles disposés. Il sortit une bouteille d'une armoire, puis me montra une chaise. Je m'assied. Il sortit deux verres d'une espèce de bar, les remplit, et m'en tendit un, avant de s'accoter à son bureau. Il prit le temps de boire. Il avait l'air pensif, comme s'il réfléchissait de ce qu'il voudrait bien me dire ou non. J'eus le temps de finir complètement ma part plusieurs minutes avant qu'il finisse par enlever sa capuche, et croiser mon regard, au contraire à tout ce qu'il m'avait enseigné. Je ne suivis évidemment pas son mouvement, regardant légèrement à côté.

"Un bon professeur ne devrait pas avoir d'élève favori. Je dois être un très mauvais professeur.

Il déposa son verre.

- Tu es ma favorite. Largement. Et ma meilleure élève.
- Je suis pourtant très loin du niveau de ces deux autres.
- Le niveau ne détermine pas la valeur.

Il sourit.

- Tu peux me raconter comment tu as vaincu Le Lancier Rouge?"

Je lui racontai. Comment j'avais eu l'impression que mon corps avait bougé de lui-même, comment j'avais agrippé la lance, et comment il avait pu me dominer pendant tout le combat. Je reprécisai par deux fois que je m'étais mise à faire du son de la bouche en criant. J'étais presque déçu qu'il ne semble pas plus surpris que cela.

"Quelqu'un tient à ce que tu ne meures pas stupidement, c'est tout, finit-il par dire.

Réponse insatisfaisante 101. Je pris mon carnet et me mis à écrire.

- Héphradite?

Il avait l'air un peu plus consciencieux.

- Il t'a dit ce nom?
- Oui.
- Ça doit être ce stupide conseil qui lui aura beaucoup dit... Heureusement pas tout...

Il soupira.

- Écoute ma grande chérie, c'est des informations qu'il n'a pas le droit de dire. Qu'il n'était même pas supposé savoir. Je ne peux pas te dévoiler grand chose, ça ne serait que négatif dans ton développement. Tu as une grande place dans mes plans futurs, et j'ai besoin de toi plus que la froideur d'un assassin. Les assassins, je peux en trouver partout. J'en ai plein. Des plus que suffisants. Mais toi tu es unique. Ce que j'ai besoin de toi, tu vois, se trouve là.

À ces mots, il déposa un doigt sur ma poitrine, pointant mon cœur.

- Là-dedans. Ignorer ses problèmes est une chose. Les éliminer, ce n'est pas toujours les résoudre. L'amour que tu as pu avoir pour tes parents, tu l'as tué avec eux. Mais la plus grande force que tu peux posséder, c'est celle d'affronter ce qui se trouve en toi. Ton démon intérieur.

Il replaça sa capuche.

- C'est contraire à tout ce que j'ai pu t'enseigner jusqu'ici. Mais ça ne prend la place de rien. La meilleure chose que tu puisses faire, c'est continuer à grandir, et acquérir plus d'aptitudes.

Il se dirigea vers la sortie.

- Il y a au total 5 artefacts. J'ai besoin de cinq porteurs, m'excluant. Pilier est déjà parti à la recherche d'un élève. En ce qui te concerne, avant que tu puisses continuer, tu vas m'aider. Ça va t'entrainer, et...

Il regarda mon moignon.

- Et je crois que tu as besoin de te faire de cette nouvelle condition."

Il referma la porte derrière lui, me laissant seule dans le bureau sombre. Je m'écrasai dans la chaise. Je ne comprenais rien. Je ne reconnaissais plus rien. Toutes mes vies défilaient comme ça, et j'avais peine à suivre. Je ne reconnaissais plus Griffe d'Or. Et il avait répondu à aucune de mes questions. Je sortit Mortimer de mon sac, et le regardai, comme espérante que celui-ci allait me donner plus de réponses. Évidemment, je ne reçus rien de satisfaisant, qu'un petit bruit de corde que je tirais. Je soupirai, puis le rangeai. Je tournai mon regard vers la porte puis, dans un mouvement d’écœurement, je fis:

"Est-ce que je vais savoir un jour ce qui se passe?"
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